En langage courant, dans la plupart des pays européens, l’ostéopathie est considérée comme une technique de traitement manuel dont le principal moyen d’action est la manipulation (vertébrale et/ou articulaire, éventuellement).

L’ostéopathie a naturellement évolué depuis sa « découverte », en 1874, par Andrew Taylor Still.

Le dictionnaire médical Stedman’s (édition de 1997), universellement reconnu en Amérique, en parle comme d’une « école de médecine fondée sur la conception que le corps humain normal est une machine vigoureuse capable, lorsqu’elle est bien ajustée, de fabriquer ses propres remèdes contre l’infection et d’autres maladies toxiques ».

Le très officiel Glossary of osteopathic terminology réédité en 1997, nous dit :

« l’ostéopathie est une philosophie concernant les soins de santé et un véritable art ».

Cette philosophie repose sur 3 principes essentiels :

  • le concept d’intégrité et de globalité du corps humain dans lequel « le tout vaut plus que la somme des parties » ;
  • l’harmonie et la relation de réciprocité qui existent, chez tous les êtres vivants, entre la structure (anatomie) et la fonction (physiologie, ce que permet la structure) ;
  • la capacité inhérente au corps humain de réguler les grands équilibres pour se maintenir « en bonne santé » (homéostasie).

L’ostéopathie est un véritable art puisqu’elle s’attache à appliquer sa philosophie à toutes les spécialités et disciplines de la médecine et de la chirurgie.

C’est aussi une science qui inclut des connaissances physiques, chimiques, biologiques comportementales et spirituelles relatives au maintien en bonne santé ainsi qu’à la prévention et au traitement des maladies.

Ses principaux objectifs sont : le traitement et la prévention des maladies alors que ceux de la médecine manuelle européenne se résument en un traitement symptomatique de douleurs « communes », mécaniques, d’origine ostéoarticulaire. Il en résulte que les indications et contre-indications sont différentes.

Pour un ostéopathe, le terme « manipulation » inclut tous les traitements manuels ostéoarticulaires et musculaires, les manipulations crânio-sacrées, les manipulations viscérales directes, etc. 

Pour les auteurs latins et nombre d’auteurs européens, la manipulation vertébrale est une mobilisation passive forcée qui tend à porter les éléments constitutifs d’un ou plusieurs joints intervertébraux voisins, au-delà de leur jeu habituel normal, jusqu’à la limite de leur jeu anatomique possible.

Cela correspond à peu près à ce que les ostéopathes américains dénomment : mobilisation with impulse technique (mobilisation avec impulsion) ou thrust technique HVLA (thrust : impulsion manipulative High Velocity Low Amplitude : Grande Vitesse, Faible Amplitude).

En revanche, ce que les ostéopathes américains dénomment traitement manipulatif  ou « manipulation » couvre un ensemble de techniques manuelles groupées sous l’appellation de « Osteopathic Manipulative Treatments » ayant pour sigle OMT.

En effet, OMT et manipulation ont la même définition et le même objectif « therapeutic application of manualy guided forces by an osteopathic physician to improve physiologic function and for support homeostasis » dans le texte, soit « application thérapeutique manuelle de forces par un ostéopathe pour améliorer la fonction physiologique et soutenir l’homéostasie ».

En résumé, un ostéopathe a à sa disposition une boîte à outils de techniques manuelles dans laquelle il choisira en fonction des circonstances, de son patient, ou de sa sensibilité personnelle.

Certains cas nécessiteront d’utiliser des techniques articulaires, d’autres au contraire devront être abordés au moyen de techniques musculaires, viscérales ou crânio-sacrées.

En ostéopathie, chaque séance est différente, on ne peut pas définir un « traitement type » pour telle ou telle affection, c’est l’examen du patient qui va déterminer le choix du traitement par le praticien.
Ce traitement sera valable pour un patient donné à un moment donné.

Seul l’examen clinique permet de décider de la meilleure technique à appliquer pour ce patient.